Faut-il se battre coûte que coûte par amour malgré les obstacles ?

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Dans le roman La prière des oiseaux, le personnage de Chinonso est si aveuglé par l’amour qu’il en oublie son bon sens et semble être aveugle aux obstacles qui jonchent la voie de sa quête amoureuse.

D’instinct, je dirais qu’il faut abandonner cette lutte acharnée pour préserver ce type d’amour même si c’est plus facile à dire qu’à faire et qu’il m’est arrivé de poursuivre une relation malgré les nombreux obstacles qui semblaient rendre la situation impossible tant mes émotions me poussaient dans les bras de l’autre.


Aujourd’hui, après 38 ans de vie, je répondrais d’instinct à cette question par un non ferme. Certainement, parce que je l’ai déjà vécu et que j’ai vu où cela m’a mené.

Je pense que, quand on est jeune, ne sachant pas encore sur quels critères fonder la stabilité de son couple, on se laisse guider uniquement par les sentiments et on oublie tout le reste. On se croit invincible face aux obstacles qui pourraient nous séparer. On ne prête pas attention aux différences idéologiques, culturelles, religieuses, familiales, de classe sociale, à la distance physique, on ne se rend compte de l’impact de tous ces obstacles que lorsqu’on y est vraiment confronté.


Je suis consciente des obstacles qui me semblent infranchissables et je préfère les éviter aujourd’hui, par facilité tout simplement. Je suis plus consciente de ce qu’ils impliquent.
De plus, je suis consciente que l’amour passion ne dure qu’un temps et qu’il nous aveugle sur le moment. Il nous empêche de voir ce qui devrait nous freiner. Cet amour paraît incontrôlable. Mais quand on sait que cette passion dévorante finit par nous quitter avec le temps, on ne peut pas prendre le risque de sacrifier sa vie pour un sentiment éphémère.


De toute façon, l’amour est un sentiment qui m’effraie aujourd’hui. Je sais à quel point il peut être aussi bien la source d’un extrême bonheur que d’une extrême souffrance. Cet amour-là, cet amour passion, je le trouve dangereux et je pense qu’il faut s’en méfier. C’est d’ailleurs cette forme d’amour qui pousse le personnage du livre à sa perte. A ce sujet, j’ai trouvé un article dans le Monde intitulé L’amour et la mort qui date de 1959. Un passage de cet article m’a marqué, il dit :


« Tristan n’est pas le mythe de l’amour comme promotion aveugle à la mort, mais celui de la foi en la destinée de l’amour au delà de la mort.
Telle est du moins la manière dont l’amour-passion se vit subjectivement. Mais comprendre du dedans la conscience amoureuse n’est pas la légitimer. Le refus du réel n’est jamais un bon signe. Stanislas Fumet a justement dénoncé l’impatience des limites. Nier le monde pour se constituer son propre univers relève de la magie. L’amour qui tente de passer pour plus fort que la mort est plus faible que la vie. »


On nous pousse à penser à travers certains mythes et certaines fictions que l’amour passion est beau. Cet amour dans lequel les deux membres du couple ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Tristan et Iseut, Roméo et Juliette. Mais aujourd’hui, je pense qu’on peut se questionner : est-ce vraiment beau d’aimer au point de ne plus pouvoir vivre sans l’autre ? N’est-ce pas plutôt un amour dévastateur, cet amour qui mène à la mort, à l’absence de vie ? Et est-ce que cette façon de voir les choses, de croire en l’âme soeur, cette unique personne qui peut nous correspondre est une réalité ? Est-ce que ce ne serait pas plutôt un récit créé auquel on croit parce qu’on nous a appris à y croire à travers toutes ces fictions qui mettent en avant l’amour passionnel, la bonne personne, l’âme sœur ?


Personnellement, j’ai déjà aimé quelqu’un au point de ne plus percevoir l’intérêt de vivre durant les quelques semaines qui ont suivi ma rupture avec cette personne. Et aujourd’hui, avec du recul, je n’y vois rien de beau. Au contraire, ça m’a plutôt traumatisé et généré chez moi une crainte de tout ce qui peut m’approcher de ce sentiment. Je pense que j’ai été construite à penser que cet homme était l’homme de ma vie. L’homme ou la femme de sa vie est peut-être un mythe.
J’ai interrogé quelques personnes sur ce sujet et les avis sont très divergents. Beaucoup croient en la viabilité de tels couples quand d’autres sont aussi sceptiques que moi.

En écoutant ces témoignages et avis, je me suis dit qu’il était intéressant d’entendre des points de vue plus optimistes. Mais un témoignage m’a interpellé car cet homme a dû faire un croix sur sa famille pour la préservation de son couple. Il faut être vraiment sûr de soi et avoir une force de caractère telle qu’on peut envisager son bonheur sans la présence de sa famille. Il faut aussi avoir conscience de l’impact d’un tel choix sur sa descendance. Mais je ne peux m’empêcher de penser que c’est un choix qu’on risque de regretter, car on ne connaît pas notre futur, la longévité de notre couple et si l’amour durera toujours. Qui fait le bon choix ? Les craintifs comme moi ou les vaillants comme ceux qui croient encore en l’amour ? Et surtout est-ce possible de lutter contre ce sentiment lorsqu’il nous submerge ?


Peut-être, pour émettre un avis éclairé, faudrait-il savoir quelles sont les causes principales de séparation des couples ? A ce sujet, j’ai trouvé peu de ressources mais voici le résultat de mes recherches :


Selon le site psychologues.net les 10 causes de séparation les plus courantes sont les suivantes :


L’infidélité
La violence
Manque d’intimité
Absence de communication
L’nfluence de la belle-famille
Le manque de compatibilité
L’immaturité et conflits constants
La dépendance à une substance
Le refus de travailler la relation.


Selon Perplexity, inclus dans le lien de recherche du journal Le Monde, Les causes principales de séparation des couples incluent l’infidélité, les problèmes financiers, les dettes, les différences de mode de vie, l’usure des sentiments et les conflits familiaux ou professionnels.


Globalement, ces raisons correspondent bien à ce que j’observe autour de moi. Hormis celles qu’on ne peut pas vraiment anticiper comme l’infidélité ou la violence. On voit que certains problèmes auraient pu être anticipés comme l’influence de la belle-famille, les problèmes financiers, le manque de compatibilité et les conflits constants. Ce sont des problèmes que l’on peut identifier très rapidement.

Malheureusement, il est difficile de les observer tels qu’ils sont au début de la relation, lorsque les sentiments sont à leur paroxysme. On préfère souvent se battre contre vents et marées car on n’imagine pas sa vie sans l’autre, même si notre raison nous montre maintes fois que nous avons tort.

Je persiste donc à penser que certains obstacles sont là pour nous montrer qu’il vaut mieux abandonner la relation pour des voies plus radieuses.

2 réponses

  1. Avatar de Oshango Obi Tundé
    Oshango Obi Tundé

    Je dirais que l’amour ne suffit plus, il faut des garanties, chacun doit y trouver son compte, composer avec l’autre, faire des concessions. Être dans l’écoute et la compréhension, la communication.

    Et vient la question des enfants lorsque que chacun à des enfants.

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    1. Avatar de Café afro littéraire

      Ton point de vue est intéressant, merci pour ta réponse !

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