Pour la petite histoire
J’ai créé le compte café afro littéraire lorsque je me suis rendu compte que, aussi bien à l’école que dans ma vie personnelle, je n’avais lu et ne connaissais que très peu de livres écrits par des auteurs issus d’Afrique ou de sa diaspora. J’avais entendu parler de Césaire, de Senghor, mais n’avais pas étudié leurs textes durant mon parcours scolaire, ni lu aucun livre écrit par une personne noire. J’ai donc cherché à changer cela et à me nourrir de littérature afro-caribéenne.
1. Pour rendre visible les auteurs et autrices afrodescendants
Ce compte a pour objectif de donner plus de visibilité aux autrices et auteurs afrodescendants. J’ai pu déduire de mon expérience personnelle qu’ils l’étaient moins que les autres à l’école et dans les médias mainstreams (même si les choses commencent à évoluer) et j’essaie d’apporter ma petite pierre à l’édifice pour qu’ils aient la lumière qu’ils méritent.
2. Pour la représentativité
Comme le dit Chimamanda Ngozi Adichie en parlant des femmes :
“Si nous faisons sans arrêt la même chose, cela devient normal. Si nous voyons sans arrêt la même chose, cela devient normal. Si les chefs de classe ne sont que des garçons, nous finissons par penser, même inconsciemment, que c’est inévitable. Si nous ne voyons que des hommes occuper les postes de chef d’entreprise, nous en venons à trouver “naturel” que les hommes soient les seuls à être chefs d’entreprise.”
On peut transposer cette réflexion à la présence des Noirs dans la littérature et plus globalement dans les métiers liés à la réflexion. Si on ne lit et ne voit que des écrivains blancs, on peut être amené à penser qu’il est naturel que les Blancs aient le monopole de l’art d’écrire, voire de l’intellect. En tant que Noirs, nous savons à quel point ce stéréotype est présent dans la société, même s’il l’est de manière plus insidieuse qu’auparavant. Et ce stéréotype peut même être intégré par des Noirs qui se sentiraient illégitimes, consciemment ou non, à pratiquer l’art des lettres. En rendant visible l’abondance et la diversité des textes et des auteurs afro-descendants, on lutte contre ce stéréotype.
3. Par passion et pour le partage
Depuis que j’ai commencé à lire de la littérature africaine et caribéenne je n’ai pas pu m’arrêter. Je suis passionnée par ces livres qui évoquent des problématiques qui m’ont touchée personnellement durant toute ma vie (le racisme, les questions liées à l’identité, l’Histoire des Africains et de leurs descendants, qui en ont bien une malgré ce qu’en pense l’ex-président au bracelet électronique) et je redécouvre le continent qui m’a été doublement arraché dans mon histoire personnelle. J’aime partager ce qui me passionne et j’espère transmettre au plus de personnes possibles cette belle littérature.
4. Est-ce que je ne lis que des auteurs afros ?
Absolument pas. Dans ma vie personnelle, je suis ouverte à une diversité de livres. Ces derniers mois, j’ai lu des livres variés d’auteurs divers tels que La fête au Bouc de Mario Vargas Llosa, Du domaine des murmures de Carole Martinez ou encore Le mythe de la virilité d’Olivia Gazalé, livres que je recommande d’ailleurs. Je ne souhaite pas m’enfermer mais au contraire m’enrichir et ouvrir mon esprit grâce à une littérature diversifiée.
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