Je tire ce questionnement du chapitre 4 dans lequel Ramatoulaye découvre la trahison. Son mari a contracté un prêt bancaire sous réserve d’hypothéquer la maison dans laquelle elle habite, sachant que celle-ci a participé aux frais de son habitation. Et tout cela dans le but de payer une villa à sa nouvelle épouse et à sa belle-mère. Elle perd donc tout, à la mort de son mari polygame. Ce passage a généré chez moi une grande colère face à l’injustice et à la trahison qu’elle subit.
Concernant le questionnement posé, mon avis sur le sujet c’est que les femmes dans la société sont souvent perdantes financièrement.
Tout d’abord, parce que ce sont souvent elles qui sacrifient leur carrière ainsi que la rémunération qui en découle lorsque des enfants surviennent, pour les garder et contribuer à leur éducation. Elles sont plus nombreuses à choisir de se mettre à temps partiel voire même à rester au foyer temporairement ou définitivement, ce qui diminue évidemment leur pouvoir d’achat.
Aussi, on sait qu’elles sont discriminées par rapport aux hommes quant à l’accès aux postes à responsabilité. Elles touchent en moyenne moins que les hommes et doivent contribuer aux charges du foyer et je ne suis pas sûre que cette contribution soit toujours équitable.
D’après ce que j’ai pu entendre dans différents podcasts, les femmes investissent aussi plus souvent dans des biens qui s’épuisent, contrairement aux hommes qui mettent leur argent dans des investissements plus rentables sur le long terme comme l’immobilier ce qui augmente leur patrimoine, contrairement à la femme qui est perdante car son argent se dilapide dans des biens qui périssent ou se consomment immédiatement (courses, vêtements).
Après la séparation également, je pense que le pouvoir d’achat des femmes diminue largement par rapport à celui des hommes car elles ont plus souvent la garde des enfants et un salaire moindre.
Nous allons maintenant nous pencher sur ce que disent les ressources. Pour ce faire, je me suis basée sur deux enquêtes. Une enquête de l’IFOP qui date de 2023 et une enquête de l’INSEE qui date de 2021.
L’étude de l’IFOP qui date de l’année 2023 montre les faits suivants :
1. La volonté d’épargner est tout aussi forte chez les hommes que chez les femmes, mais ces dernières semblent être moins en capacité de le faire. Elles démontrent toutefois une connaissance moins fine des produits d’épargne et d’investissement. Assez logiquement, elles font également moins l’expérience d’investissement – 85% n’investissent pas en Bourse (vs 68%) et le justifient à nouveau par des revenus qui ne sont pas suffisants ou par un manque de connaissance (un déficit de connaissance qui s’avère supérieure à celui des hommes).
2. Les femmes ont des revenus inférieurs à leur conjoint : seuls 28% des femmes en couple estiment disposer des revenus les plus élevés au sein de leur foyer (vs 66% des hommes), ¼ des revenus à égalité et 1/3 des revenus supérieurs.
3. L’organisation des dépenses au sein du couple est assez variée. La possession de deux comptes, un compte personnel et un compte commun partagé avec son conjoint, est très courante puisque plus de la moitié des femmes et des hommes en couple déclarent en disposer – le compte personnel étant d’ailleurs encore plus possédé par les femmes (75%, vs 68% des hommes).
4. Relevons que la répartition des dépenses au sein du couple se révèle genrée, les femmes déclarent plus s’occuper des dépenses courantes (57%, vs 33%), tandis que les hommes montrent plus d’appétence pour des dépenses plus spécifiques ou concernant une forte somme d’argent – les placements financiers ou d’épargne (54% des hommes, vs 37% des femmes), les gros d’achat d’équipement (voiture, ameublement) (37%, vs 24%), les achats ou les décisions relatifs à l’immobilier (35%, vs 23%)
L’étude de l’Insee porte sur les finances de la femme après une séparation. D’après l’étude, les femmes sont financièrement plus affectées après une séparation.
La conclusion de l’enquête de l’Insee montre que :
1. La baisse du niveau de vie après une séparation est 3 fois plus importante chez les femmes.
2. La perte de niveau de vie est durable pour les femmes.
3. Le taux de pauvreté double pour les femmes après une séparation.
Dans un article du Huffingtonpost, on découvre également à quel point la répartition des dépenses à hauteur de 50% nuit aux finances de la femme.
Dans l’article, Lucile Quillet qui est interrogée à ce sujet l’explique en ces termes :
Avoir une répartition du budget à 50/50 dans un esprit d’égalité parfaite, en fait, c’est très inégalitaire. Et cela parce que c’est comme si on demandait aux femmes d’appliquer une égalité qui n’existait nulle part ailleurs. On parle beaucoup des écarts de salaire entre femmes et hommes qui est autour des 25 %, mais il faut aussi avoir en tête un chiffre qui est encore pire, c’est celui de l’écart des revenus moyens au sein des couples en France qui est de 42 %. Donc, quand on a un revenu moindre, faire du 50/50, ce n’est pas juste. On épargne beaucoup moins, donc on peut moins acheter des biens structurants qui vont permettre de capitaliser sur le long terme, par exemple.
L’interrogée évoque également la charge esthétique qui existe durant la période de dating, et même au-delà, la charge contraceptive ainsi que le travail domestique non rémunéré qui est effectué majoritairement par les femmes.
Mes recherches confirment donc qu’encore aujourd’hui, la femme est perdante financièrement par rapport à l’homme. Faire ce constat nous permettra, je l’espère, de faire évoluer cet état de fait vers une plus grande égalité.
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