
Une si longue lettre est un roman épistolaire dans lequel Ramatoulaye se confie à son amie Aïssatou tout le long du livre au sujet de sa relation maritale entre autres. Elle dit :
“notre longue pratique m’a enseigné que la confidence noie la douleur”
Ramatoulaye écrit donc cette si longue lettre pour noyer sa douleur en se confiant à son amie.
La quatrième de couverture décrit le roman en ces termes :
Une si longue lettre est une œuvre majeure, pour ce qu’elle dit de la condition des femmes. Au cœur de ce roman, la lettre que l’une d’elle, Ramatoulaye, adresse à sa meilleure amie, pendant la réclusion traditionnelle qui suit son veuvage.
Elle y évoque leurs souvenirs heureux d’étudiantes impatientes de changer le monde, et cet espoir suscité par les Indépendances. Mais elle rappelle aussi les mariages forcés, l’absence de droit des femmes. Et tandis que sa belle-famille vient prestement reprendre les affaires du défunt, Ramatoulaye évoque alors avec douleur le jour où son mari prit une seconde épouse, plus jeune, ruinant vingt-cinq années de vie commune et d’amour.
La Sénégalaise Mariama Bâ est la première romancière africaine à décrire avec une telle lumière la place faite aux femmes dans sa société.
J’ai beaucoup aimé ce classique de la littérature africaine pour plusieurs raisons :
- d’abord, l’autrice a une très belle plume et j’ai un goût particulier pour les écritures poétiques ;
- Ensuite le livre contient beaucoup de questionnements et réflexions, sur la condition et les droits des femmes notamment mais pas seulement, il reflète aussi une période post coloniale, les changements de la société et les revendications des étudiants et penseurs de l’époque ;
- La narratrice écrit avec sincérité ce qu’elle traverse.
- C’est un livre assez court qui condense toutes ces thématiques.
Pour toutes ces raisons, c’est un livre que je recommande vivement.
Les leçons que j’ai tirées de ce roman sont les suivantes :
- L’écriture thérapeutique est une voie vers la guérison.
- L’amitié est souvent un lien d’amour plus pérenne que celui des relations amoureuses.
- Rien n’est acquis et on ne peut avoir une confiance absolue qu’en soi-même.
- On ne connaît jamais l’autre de façon totale, même les plus proches.
- Dans certaines situations, le courage consiste à partir et à se choisir.
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