Femmes, race et classe d’Angela Davis

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Et si un essai parlait enfin des femmes noires ? Elles qui sont à l’intersection entre le racisme, le sexisme et même souvent le prolétariat ?

Qu’en est-il de la condition de la femme noire longtemps oubliée du féminisme occidental ?

Le livre Femmes, race et classe est un classique dans le domaine du féminisme intersectionnel, c’est un indispensable pour comprendre l’afroféminisme !

L’essai aborde différentes thématiques liées aux rapports sociaux de race, de genre et de classe, comme son nom l’indique, en adoptant un point de vue historique et une réflexion poussée de la part de l’autrice.

J’ai trouvé ce livre très intéressant pour ce qu’il m’a apporté en matière de réflexions sociologiques. 

J’ai aimé qu’on parle enfin du vécu de la femme noire, d’un féminisme qui prend en compte la réalité des femmes afrodescendantes !

Les thématiques principales abordées sont les suivantes :

  • Quelle a été la condition de la femme noire durant l’esclavage ? Etait-elle différente de celle des hommes noirs ? Qu’a-t-elle subi de plus que les hommes ?
  • Quel est le rapport au travail qui découle de cette condition chez la femme noire ?
  • Comment la femme noire a-t-elle participé au mouvement anti-esclavagiste ?
  • En quoi la femme blanche féministe a parfois contribué à l’exclusion des femmes noires à travers le racisme ?
  • Quelle est la contribution des femmes noires dans les mouvements féministes ?
  • Qu’en est-il de la place de la femme noire dans la lutte des classes ?
  • En quoi le contrôle des naissances et les stérilisations forcées des femmes noires ont influencé son rapport à la maternité ?
  • En quoi le capitalisme est responsable du déclin du travail domestique associé à la femme ?

Le livre a développé chez moi une multitude de réflexions et de questionnements concernant le féminisme, le sexisme, le racisme, le capitalisme, en voici quelques unes :

  • La femme noire a toujours travaillé de façon intense. Durant l’esclavage, elle a été traitée de la même façon que les hommes, à égalité, même pendant la grossesse. La lutte pour obtenir un travail, à égalité avec les hommes, ne fait donc pas toujours partie de ses priorités dans la lutte féministe.
  • Certaines femmes blanches féministes ont contribué à l’exclusion des femmes noires à travers un racisme explicite durant les luttes pour obtenir le droit de vote des femmes.
  • Le capitalisme a contribué à la dévalorisation du travail domestique des femmes en créant une hiérarchie de la valeur attribuée à chaque rôle, le travail à l’extérieur étant plus valorisé que celui de l’intérieur.
  • Quand la femme blanche a dû lutter pour obtenir le contrôle des naissances, la femme noire a dû lutter pour éviter les stérilisations forcées et ce même contrôle forcé des naissances.

Et ces réflexions ne sont qu’une infime partie de ce que m’a apporté ce grand livre.

Quelques citations :

« Les femmes noires ont toujours été plus nombreuses à travailler à l’extérieur que leurs soeurs blanches. »

« Le racisme emprunte des voies détournées. Les employeurs qui croyaient accorder une faveur aux Noirs en les préférant aux Blancs affirmaient en fait que le travail domestique – ou plutôt l’esclavage – était un destin de Noirs. »

« Ce que les privilégiées réclamaient comme un droit devenait pour les pauvres un « devoir ». »

Pour le commander, c’est par ici !

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