
Je suis une grande fan de l’autrice Chimamanda Ngozi Adichie, j’ai lu toute sa bibliographie et ai particulièrement aimé lire ses romans Americanah et L’hibiscus pourpre.
Je dirais que L’inventaire des rêves m’a procuré moins d’enthousiasme que les livres cités précédemment mais j’en ai quand même apprécié la lecture.
C’est l’histoire de 4 femmes africaines, 3 nigérianes et une guinéenne, dotées tempéraments très différents dont on va suivre les histoires, notamment leurs histoires d’amour et relations avec les hommes. D’ailleurs, ce que j’apprécie beaucoup dans l’écriture d’Adichie c’est que ses personnages sont toujours très bien construits, réalistes, complexes, vraisemblables, à l’instar des personnes que l’on rencontre dans la vraie vie.
A travers le destin de ces femmes, elle aborde des thématiques diverses telles que :
- l’amour qui est un thème central dans ce livre,
- le célibat, choisi ou subi,
- les relations entre les hommes et les femmes,
- mais aussi et surtout la question des abus sexuels.
Le personnage de Kadiatou est inspiré de l’histoire de Nafissatou Diallo, cette femme qui avait porté plainte contre Dominique Strauss-Kahn pour viol. Et cela m’a fait constater à quel point la littérature est importante pour rendre plus perceptible, humaine et touchante le destin de personnes qui ont été des sujets d’actualité. En donnant au personnage, un passé, des émotions, des réflexions, on développe plus d’empathie à son égard que lorsqu’on entend ou lit un fait divers dans un journal. D’ailleurs l’autrice développe bien son processus de création dans la note de l’autrice à la fin du livre, qui est essentiel et très intéressant.
Elle dit notamment à ce sujet :
“Des histoires meurent et s’estompent de la mémoire collective simplement parce qu’elles ne sont pas racontées. Ou bien une unique version prédomine car les autres sont réduites au silence. Il est important de reprendre un récit sur le mode de la fiction. La littérature instruit et enchante réellement – du moins en est-elle capable. La littérature garde la foi et raconte une histoire afin de rappeler, d’observer et de témoigner. Les histoires nous aident à nous voir nous-mêmes et à parler de nous-mêmes.”
D’autres citations m’ont marquée :
« Chez les femmes, l’arrogance offre une perspective stimulante parce qu’elle est subversive, mais chez les hommes, elle est toujours réactionnaire, et par conséquent ennuyeuse, tout particulièrement l’arrogance d’un genre chevaleresque, cette attitude du sexe fort ayant pour devise Noblesse oblige. »
« L’art a pour objectif d’observer notre monde et d’en être ému, puis de s’engager à essayer de voir clairement ce monde, l’interpréter, le mettre en question. »
Je recommande de lire ce livre pour tout ce qu’il comporte comme thématiques essentielles à la réflexion autour de notre société actuelle.
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